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Expertise du site de la Pierre des Portes, épave présumée de la Charmante (1702) 
en mai 2026 Photo : Xavier Le Rudelier

Une nouvelle campagne de recherche pour percer les mystères d’une épave corsaire  perdue en 1702 au large de Saint-Malo

L’Association pour le Développement de la Recherche en Archéologie Maritime (ADRAMAR) lance le projet «Charmante 2026 », une opération scientifique destinée à revisiter l’épave des Pierres des Portes, découverte en 1987 par le plongeur malouin Denis Douillez à l’entrée de la baie de Saint-Malo. Plus de 35 ans après les premières fouilles, les archéologues sous-marins souhaitent aujourd’hui réexaminer ce site emblématique.

Fouillée en 1988/1990 par des plongeurs malouins, l’épave avait alors révélé un mobilier exceptionnel : onze canons en fonte de fer fleurdelysés, des ancres, des monnaies datées entre 1610 et 1698, ainsi que de nombreux objets du quotidien témoignant de la vie embarquée à la fin du XVIIe siècle.

Les recherches archivistiques menées au début des années 2000 lors de la fouille de la Natière ont permis d’établir un lien probable entre cette épave et la frégate malouine la Charmante, naufragée le 21 novembre 1702 au retour de sa première campagne corsaire.

Un patrimoine exceptionnel à redécouvrir

Le projet «Charmante 2026 » marque une nouvelle étape dans l’étude de l’un des sites fondateurs de l’archéologie sous-marine dans le Grand Ouest. L’objectif est de réexaminer l’épave en bénéficiant des avancées actuelles en documentation photographique et géomatique et des progrès de l’analyse archéologique.

Cette phase préparatoire permettra notamment :

– la reconnaissance visuelle du site sous-marin;

– la cartographie des vestiges apparents ;

– l’étude du mobilier conservé au musée de Saint-Malo ;

– l’analyse des archives historiques liées au naufrage ;

– la comparaison avec d’autres références archéologiques majeures, notamment la frégate corsaire la Dauphine, l’une des deux épaves de la Natière naufragée en baie de Saint-Malo en 1704.

Une mobilisation scientifique et patrimoniale

Porté par l’ADRAMAR, acteur majeur de l’archéologie sous-marine depuis plus de trente ans, le projet réunit des spécialistes reconnus de l’archéologie sous-marine et navale ainsi que de l’histoire maritime. L’association a notamment participé à plusieurs campagnes prestigieuses en France et à l’international, parmi lesquelles les fouilles sur les épaves de la Hougue, de la Natière et de l’expédition Lapérouse.

Le projet est conduit par :

Hélène Botcazou, archéologue et spécialiste de l’architecture navale moderne ;

Élisabeth Veyrat, archéologue et co-directrice historique des fouilles des épaves de la Natière.