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Responsable d’opération : H. Botcazou et D. Sanders (ADRAMAR)

L’Association pour le Développement de la Recherche en Archéologie Maritime (Adramar) a débuté sa mission de prospection subaquatique « Rance 2026 », consacrée à l’étude des activités de navigation et de cabotage entre Dinan et Saint-Malo.
Cette opération, inscrite dans un programme de recherche pluriannuel soutenu par la Région Bretagne, le Drassm, le Département d’Ille-et-Vilaine et la Ville de Saint-Malo, vise à mieux comprendre les dynamiques de circulation fluvio-maritime sur l’estuaire de la Rance à l’époque moderne et contemporaine.

Un fleuve au coeur des échanges

Jusqu’au XIXe siècle, la Rance constituait un axe majeur de transport et d’approvisionnement. De nombreux navires – gabares, chalands ou petits caboteurs – y assuraient la circulation de marchandises telles que le bois, les céréales, le cidre ou encore la pierre. Ces échanges reposaient sur un réseau d’infrastructures aujourd’hui parfois disparues ou difficilement perceptibles.
La mission « Rance 2026 » ambitionne ainsi d’identifier, localiser et documenter les vestiges immergés liés à ces activités : zones de mouillage, sites de construction navale ou encore passages anciens.

Trois zones stratégiques explorées

Les premières plongées, prévues du 6 au 10 avril 2026, concerneront la zone de Belle-Grève, reconnue historiquement comme un mouillage majeur de la Rance. Située à proximité de la pointe de Cancaval, cette zone présente un fort potentiel archéologique.
Deux autres secteurs feront ensuite l’objet de campagnes spécifiques :
Le passage de Jouvente (avril 2026), zone de traversée de la Rance attestée dans les sources anciennes.
Le secteur de La Roche et du pont Saint-Hubert (mai 2026), point stratégique de resserrement du fleuve, historiquement lié à des activités économiques et militaires.

Une méthodologie scientifique rigoureuse

Les opérations reposent sur des plongées de prospection visuelle. Chaque découverte fera l’objet d’un enregistrement systématique afin de produire une cartographie détaillée des vestiges.
Les plongées sont planifiées en fonction des contraintes environnementales spécifiques à la Rance : marées, courants, visibilité et fonctionnement de l’usine marémotrice.
À travers cette campagne, l’ADRAMAR souhaite non seulement enrichir les connaissances sur le patrimoine maritime de la Rance, mais également contribuer à sa valorisation auprès du public.